L’Air des Ruches, comment ça marche?

Nos abeilles peuvent-elles améliorer

un terrain asthmatique  ?

Patrice Percie du Sert

patperciedusert@gmail.com

06 16 26 32 73

 

L’air du bien-être, un cadeau des abeilles.

Patrice Percie du Sert est ingénieur en agriculture. Après 15 ans d’apiculture professionnelle dans le Lot et Garonne avec 400 ruches, il a monté une société qui commercialise principalement du pollen frais et de la propolis. En 2011, il a cédé cette structure qui compte aujourd’hui une vingtaine de salariés dont un chercheur qui travaille sur la propolis et les propriétés nutritionnelles du pollen frais. Patrice Percie du Sert est un passionné de science et de recherche scientifique. Il s’est particulièrement intéressé aux substances volatiles de la ruche qui proviennent de la cire d’abeille et de la propolis, cette résine que les abeilles de notre pays récoltent sur les bourgeons de peupliers et qui permet de stériliser l’air des ruches.
Les abeilles communiquent entre elles en utilisant la « dance » comme l’avait découvert Von Frisch au début du siècle dernier; mais elles utilisent aussi des substances hormonales : Les phéromones qui sont aussi des substances chimiques naturelles et volatiles.

Tout le fonctionnement social de la ruche dépend notamment de plus de 50 phéromones qui ont des effets sur la physiologie et/ou sur le comportement des colonies qui utilisent ces substances chimiques pour s’adapter en permanence à l’environnement. La phéromone royale, émise par la reine est la plus connue; elle maintien la cohésion sociale dans la ruche. Le couvain émet aussi des substances qui expriment et anticipent les besoins en soins et nourriture.

Ces hormones pourraient justifier de tout ou partie des effets bien-être observés sur l’Homme par plusieurs établissements qui utilisent l’air des ruches, en Autriche, en Allemagne et dans plusieurs pays de l’Est de l’Europe.

 

Des cabanes en Ukraine ?

Ma curiosité fut piquée à vif en Ukraine en 2013 lors du congrès Apimondia de Kiev. Un apiculteur y tenait un stand de vente de cabanes pour faire « la sieste sur des ruches » !!!

Après l’étonnement et avoir trouvé un traducteur (l’homme ne parlait que russe et ukrainien), je me suis laissé interpeler et finalement séduire par son discours.

Il exploite une trentaine de cabanes du même style sur le même emplacement! Utilisées pratiquement du matin au soir par les « siesteurs » qui s’allongent dans ces petits espaces clos, de la surface d’un lit, pour passer 2 heures allongés sur des ruches dont la partie supérieure est grillagée. Il m’expliquait :

– Quand un migraineux ou un asthmatique passe par mes cabanes, tu peux être certain qu’il va préférer les cabanes plutôt que les médicaments.

—Comment ça soigne ? Qu’y a t’il dans l’air des ruches pour soigner deux pathologies aussi éloignées l’une de l’autre lui dis-je?

— Ne cherche pas dit-il, Les médecins étaient jaloux au début, et maintenant ils nous envoient des clients. Si les médecins nous en envoient, c’est qu’ils constatent que c’est efficace !

L’argument pourtant plein de bon sens n’était pour moi pas complètement convaincant pour mon esprit peut-être un peu trop cartésien, mais il éveilla en moi une intense curiosité.

Il me montra ensuite de magnifiques photos de ses cabanes qui sont disposées dans un véritable jardin floral.

Une belle rencontre qui changea mon approche des ruches et m’amena à créer et réaliser le pavillon « air des ruches » au centre le MIEL ET L’EAU

dans le Lot et Garonne.

 

Yves Leconte, directeur de recherche à l’INRA d’Avignon,
 travaille depuis plus de 20 ans sur les molécules volatiles de la ruche. 

En revenant d’Ukraine, j’ai rencontré Le Dr Yves Leconte à Montfavet, l’INRA d’Avignon qui travaille avec toute son équipe, depuis plus de 20 ans, à identifier les molécules volatiles de la ruche et à déterminer leurs origines et leurs fonctions. Qu’il en soit ici remercié!

Dans la ruche, ce sont les larves d’abeilles qui gouvernent en grosse partie le comportement social des ouvrières.

 

Quel est le langage des abeilles dans la ruche ?
Comment les abeilles savent-elles ce qu’elles doivent faire ?

Dans la ruche, les larves et  les abeilles adultes ont un langage chimique. En quelque sorte, ce sont les « bébés » qui émettent des molécules spécifiques qui guident les ouvrières pour leur apporter tous les soins dont elles ont besoin. Comme chez nous le bébé pleure pour réclamer le sein, les larves ne sachant pleurer, émettent des substances qui réclament le soin adéquate. Or, ce comportement est entièrement inscrit dans les gènes. Il est génétiquement programmé.

 

Quel est le mécanisme du comportement social des ouvrières ?
Comment leur génome leur indique-t-il  ce qu’elles doivent faire ?

Ce sont des molécules qui s ’apparentent plus à certains parfums végétaux. On peut d’ailleurs en retrouver certaines, synthétisées par des plantes.

Ce qui retient notre attention, c’est que toutes ces molécules de phéromones ont des radicaux Méthyl:

Ce sont des outils chimiques qui ont une destination précise : Celle de moduler, modifier l’expression de certains des gènes de l’abeille, en l’occurrence ceux qui conditionnent le comportement social dans l’intimité de la ruche. Nous sommes dans la science de l’épigénétique: la modification de l’expression des gènes!

 

Les mécanismes d’action des molécules volatiles de la ruche. 

Sur les 11 phéromones du couvain, le methyl palmitate est la plus étudiée, et peut permettre de comprendre et même déjà de valider ce qui est observé de manière courante dans les pays où la technique de respiration de l’air des ruches est utilisée.

Vu leurs formules chimiques incluant ces radicaux « methyl », des études sur les autres molécules phéromones émises par les larves d’abeilles seraient très pertinentes !

 

Un exemple que j’ai pu moi-même observer qui est très surprenant :

Christophe, un ami, chef d’entreprise très cartésien, très sérieux dans tout ce qu’il fait, était un peu septique au départ sur les bienfaits de la technique de respiration de l’air des ruches. Il a des crises d’asthme très fortes et soudaines quand il se rend chez ses beaux parents dont les murs de leur maison sont recouverts de tissus. Il me téléphone pour prendre RDV pour venir tester cette technique nouvelle.

Lorsqu’il est arrivé, il avait un mal fou à respirer! En 15 minutes d’air des ruches , il respirait normalement sans utilisation de Ventoline et 20 minutes plus tard, il respirait tellement bien qu’il me disait avoir l’impression de ne pas avoir eu de crise d’asthme ! Alors que, après une crise d’asthme, il lui faut trois jours pour retrouver une respiration normale.

 

Si on se réfère à l’étude sur les souris chez lesquelles on a induit de l’asthme, le methyl palmitate a montré un pouvoir anti-inflammatoire égal aux médicaments stéroïdiens.

Or cette substance fait partie des 11 phéromones du couvain d’abeilles. La Ventoline est un bronchodilatateur qui a rendu plus que des services aux personnes asthmatiques puisque ce médicament en a sauvé beaucoup !

Vous allez me dire « quel est l’intérêt de l’air des ruches par rapport à ce médicament? ». «  qu’il est plus facile d’avoir dans la poche qu’une ruche avec le système d’extraction de son air ! »

Si le mode d’action par l’inhibition de la surexpression des gènes provoquant l’asthme se confirme, ce serait un mécanisme d’action totalement innovant et qui n’induit aucune contre-indication!

Ce mécanisme d’action permettrait d’éliminer au moins temporairement la cause génétique du déclanchement de la crise. Les facteurs environnementaux déclenchants n’auraient donc plus de prise.

Des témoignages de l’expérience ukrainienne tendent à me conforter dans cette hypothèse puisqu’une forte proportion des asthmatiques faisant une cure d’air des ruches au printemps et une à l’automne peuvent être quasiment en rémission toute l’année.

 

L’air des ruches pour les migraineux? 

 

Avec la participation active des instituts prestigieux tels que CESAMO-CNRS à Bordeaux, l’INRA d’Avignon, la faculté des sciences et de phytothérapie de Fez au Maroc, nous avons pu décrypter les mécanismes probables d’action notamment sur les terrains migraineux.

Bien sûr, cette pratique n’est en aucun cas une preuve d’efficacité, mais une pratique qui a plus d’un siècle d’existence et qui perdure aujourd’hui, permet de s’interroger sur les éventuels mécanismes d’action d’une telle thérapie.

Nous proposons aux personnes qui ont un terrain à migraines, une approche non médicamenteuse globale de bien-être par l’apithérapie: Air des ruches, massages, relaxation, balnéothérapie, ainsi qu’une réflexion sur l’alimentation. C’est pour nous une possible réponse aux causes multifactorielles d’apparition des migraines.

*Ces programmes sont aidés par la région Aquitaine que nous remercions chaleureusement, par le département et par l’Europe.

 

 

Conclusion

Les molécules volatiles de la ruche

nous introduisent dans le monde de l’épigénétique

L’hyperméthylation de certains sites de l’ADN conduit à l’inactivation du gène.
La méthylation des histones condense l’ADN et empêche l’expression d’un gène.

•L’étude de l’épigénétique a montré que l’hyperméthylation de certains sites de l’ADN conduit à une inactivation du gène ; d’autre part la méthylation des histones (protéines sur lesquelles s’enroule l’ADN) tend à condenser l’ADN et à empêcher l’expression d’un gène.
• La richesse en « methyl » au niveau de l’air de la ruche peut donc intervenir pour inhiber l’expression du gène de l’IL 5 par, 1) méthylation forte de l’ADN et 2) méthylation des histones.
•Ces deux mécanismes concourent à provoquer une « compaction » de l’ADN dans la région où se situe le gène de l’IL5, empêchant le complexe de transcription d’accéder au site spécifique sur ce gène, donc la synthèse de l’ARN messager (ARNm) ne peut être effectuée. En absence d’ARNm transcript, il n’y a pas de synthèse d’IL5 possible. Cette hyperméthylation a donc « neutralisé » l’expression du gène IL5.
•Ce « marquage » épigénétique est transmissible aux cellules filles et peut même perdurer pendant plusieurs générations, permettant  d’expliquer les bons résultats durables dans le temps chez les Asthmatiques. Cette inhibition de la surexpression du gène de l’IL5  dans les cellules du système immunitaire conduirait à une décroissance du taux de cet IL pro-inflammatoire  et donc au soulagement du malade.

(Aucune contre-indication à respirer l’air des ruches).